Devant l’incapacité des gouvernements Raffarin, de Villepin, et Fillon et des Présidents Chirac et Sarkozy, à entendre les
cris d’alerte répétés depuis 2003 des collectivités
locales face au non transfert des moyens financiers dus à la décentralisation, les discours « langue de bois » ne pouvaient plus être d’actualité hier soir lors des vœux de la Majorité
départementale. Il y a urgence.
Il était donc normal que le Président Truphème dénonce un nouvelle fois les mensonges et les promesses non tenues de l’Etat et de ses gouvernements depuis 2002. Son devoir est de protéger les
citoyens et contribuables haut-alpins.
La réalité départementale de la décentralisation est connue de tous les élus du Conseil Général, puisqu’un Observatoire de la décentralisation a été crée en 2005 en son sein pour suivre les
transferts de compétences et leurs moyens financiers. Cet Observatoire a été ouvert à des représentants de l’opposition départementale qui n’ont pu que constater le manque à gagner pour le
Département et indirectement pour tous les haut-alpins. Ne plus le reconnaître aujourd’hui serait, de leur part, un acte de mauvaise foi évident.
L’Etat UMP doit aux haut-alpins 15 millions d’euros , ce n’est pas rien. Par exemple, il en doit 2,8 millions d’euros sur le seul financement du RMI.
Et les autres réformes du gouvernement vont continuer à peser lourd dans le budget des ménages haut-alpins. Les franchises médicales pourraient coûter près de 1,8 millions
d’euros/an aux haut-alpins (si on ramène les estimations nationales au nombre de haut-alpins).
Et avec sa réforme du Contrat de croissance et de solidarité, l'Etat économisera ainsi, sur le dos des collectivités territoriales et leurs administrés, 400 millions d’euros dès 2008, dont 115
millions d'euros pour les seuls départements.
La réaction de l’opposition UMP, hier soir, prouve bien le malaise qui les habite. Que feront-ils s’ils arrivent à la tête de l’exécutif départemental ? Parce qu’ils seront
confrontés à cette même réalité, se laisseront-ils marcher sur les pieds par le rouleau compresseur Sarkozy et son autoritarisme ?
L’opposition départementale ne sait plus quoi dire pour
tenter d'exister.
La tradition républicaine (visiblement si chère au Préfet et aux conseillers généraux UMP) c’est aussi
le respect des valeurs de cette République. Mais aujourd’hui quand
l’Etat UMP expulse des enfants, détruit les acquis sociaux, verrouille la presse, casse les services publics, je ne sais plus très bien ce qu’il reste de cette République.
Messieurs Dusserre, Marigne, Bayrou, Bérenguel Cannat, Blache, Roy, Ricou, Lombard, Bernard, Para, Moulet, Siri, Passeron (l’apolitique de service qui se démasque enfin, en ayant
l’investiture UMP à la prochaine élection cantonale de Gap nord-est ! je croyais qu’il était contre les partis !), vous n’êtes pas crédibles !
Qui se souvient des discours d’Alain Bayrou et de ses attaques en règle contre le gouvernement Jospin ? Aucun préfet ne s’en était offusqué. C’est le jeu démocratique.
Messieurs, je ne vous ai pas entendu pour défendre l’opposition nationale quand Sarkozy tacle le PS dans ses vœux récents.
Oui, messieurs, les élections de mars seront politiques parce que les collectivités locales sont des institutions politiques. Et parce que les contre-pouvoirs à l’Etat UMP vont devenir
indispensables pour limiter les dégâts d’une politique sarkozyste dévastratrice, ces élections le seront d’autant plus.
Les haut-alpins et les français attendaient autre chose. Ils attendaient du pouvoir d’achat, de la sécurité dans la vie, au travail, à l’école, de l’espoir pour protéger l’environnement,… Aucune
réponse n’a été apportée depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy, si ce n’est de la démagogie et de l’agitation.
Oui, fier de son bilan, la Majorité départementale doit poursivre en mars prochain son travail concret pour des Hautes-Alpes plus justes et durables.
Voir
l'article du Dauphiné Libéré sur les voeux d'Auguste Truphème